Lauréats 2022

Chaque année depuis 16 ans, l’État, la région Bretagne, l’ADEME Bretagne et leurs partenaires encouragent les acteurs bretons dans l’évolution des territoires, des entreprises et des citoyen(e)s vers une prise en compte du développement durable. Ces Trophées soulignent la mobilisation d’acteurs locaux qui agissent en faveur du développement durable et mettent en lumière la richesse et la diversité des initiatives portées par les citoyens bretons.

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Prix « Acteur public » : la commune de Lanvallay (22) pour son projet agricole et solidaire

Près de Dinan, la commune de Lanvallay (22) possède 6 hectares de terres agricoles disponibles en entrée de ville. Afin de répondre aux besoins des habitants et résoudre la question de l’apport en ressources locales, elle a pris l’initiative de mobiliser cette parcelle pour 3 porteurs de projets.

« Dans le cadre du Plan Alimentaire et Agricole Territorial de l’Agglomération de Dinan et dans le contexte de la loi EGalim, nous nous sommes interrogés sur la question du gaspillage alimentaire et celle de l’approvisionnement en circuit court. En effet, les besoins estimés de la commune (4 300 habitants) sont d’environ 20 tonnes de légumes par an afin de fournir les cantines scolaires et l’EHPAD (soit environ 330 repas par jour). Face à ces questions et dans le but de sensibiliser les habitants au consommer local et responsable, nous avons décidé de mobiliser les terres agricoles disponibles pour des projets citoyens et pour créer de la ressource locale », explique Thierry NICOLAS, Adjoint au Cadre de Vie – aux Itinéraires Doux – à la Transition Énergétique à la Mairie de Lanvallay.

Un plan de communication locale a alors été mis en place en 2020 pour informer du projet. Afin de faciliter l’installation de potentiels candidats, la commune a créé un accès empierré jusqu’au centre de la parcelle. Elle a également raccordé les lieux aux réseaux d’eau et d’électricité.

Des porteurs de projets intéressés par la démarche ont alors déposé leurs candidatures. Un partenariat avec Jardins Solidaires a tout d’abord été établi. L’objectif de cette association est de proposer à un groupe de personnes volontaires accueillies par le Secours Populaire de cultiver des fruits et légumes. Cela leur permet de faire des rencontres, de nouer des liens sociaux et aussi de diversifier leur alimentation. Une partie des terres a ainsi été mise à disposition gratuitement pour la production dont les surplus agrémentent les distributions alimentaires locales du Secours Populaire. « Sur une parcelle de 8 000 m2, les volontaires ont produit 20 tonnes de fruits et légumes en 2021. Cela prouve que notre projet est viable et qu’il peut être bénéfique localement », poursuit Thierry NICOLAS.

Puis, une productrice de fleurs coupées, Mathilde Jouault, s’est installée sur la parcelle voisine. En activité depuis moins d’un an, elle a effectué de nombreuses plantations sans produits chimiques et commence à vendre des bouquets.

La commune souhaite consacrer le dernier tiers de ses terres (2,5 hectares) à un projet de maraîchage pour approvisionner notamment les infrastructures locales (écoles, EHPAD) et ainsi permettre un circuit de production pérenne. Afin de séduire de nouveaux candidats, un projet de construction de hangar au centre de la parcelle est en cours. Ce dernier disposera de cellules locatives pour chaque porteur de projet. La Mairie a reçu 2 candidatures sérieuses mais reste ouverte à d’autres propositions. À terme, ce sont donc 3 acteurs qui cohabiteront sur les mêmes terres afin de développer leurs activités, mutualiser leurs moyens et promouvoir ensemble la création de ressources locales.


Prix « Établissement d’enseignement » : le lycée de l’Harteloire à Brest (29) pour son projet sans plastique

Après avoir constaté la pollution des océans par les plastiques et les microplastiques, une classe d’élèves de seconde du Lycée de l’Harteloire à Brest a décidé d’agir. Ils ont mis en place une action pour sensibiliser sur l’usage du plastique et limiter son utilisation.

En septembre 2020, la Région Académique de Bretagne et Océanopolis, Centre National de Culture Scientifique dédié à l’Océan, ont créé « Les [ÉCO]conseillers de l’Océan ». Il s’agit d’un programme qui porte la voix des élèves en leur permettant de s’exprimer dans des organisations et instances comme l’Éducation Nationale, le dispositif National des « éco-délégués » ou encore les aires éducatives.

Suite à sa candidature, une classe de seconde du Lycée de l’Harteloire à Brest est sélectionnée avec 11 autres établissements de la région pour participer au programme. Les élèves assistent ainsi à des rencontres sur la pollution des océans par le plastique avec notamment des scientifiques et des navigateurs. Très vite, ils cherchent des solutions pour agir. En se renseignant sur l’origine de ces plastiques, les élèves se rendent compte que leur sac et équipement scolaire en sont remplis. Ils ont alors cherché si ces fournitures pouvaient être remplacées par des versions sans plastique ou en plastique recyclé/recyclable. En réduisant le plastique dans les fournitures scolaires, l’objectif final est de réduire les déchets et la pollution dans les océans. Les élèves ont ainsi travaillé toute l’année en collaboration avec les éco-délégués du Lycée pour élaborer en juin 2021 une liste de fournitures scolaires contenant le moins de plastique possible. À la rentrée suivante, c’est sur la communication que se penche le groupe d’[ÉCO]conseillers de l’Océan.

« Pour mener à bien ce projet, l’information a été essentielle pour sensibiliser les élèves et leurs familles. Nous avons donc débuté par communiquer sur le site Internet du Lycée puis grâce à des flyers et des affiches. Le projet a ensuite été présenté lors des portes ouvertes du Lycée. Nous avons également rédigé un article dans la lettre Éducation au Développement Durable de l’Académie de Rennes. Les élèves ont aussi proposé une liste de fournitures alternative avec moins de plastique au Ministre de l’Éducation lors du sommet sur l’océan One Ocean Summit le 10 février 2022 à Brest. Cet objectif « zéro plastique » est difficile à atteindre car il faut changer les habitudes : prendre soin de ses affaires, faire attention à ce que l’on achète, adopter de nouveaux usages mais les élèves sont volontaires et très investis », explique Laure Stervinou, professeure de SVT en charge du projet.

À terme, l’objectif du Lycée est de développer le réemploi de fournitures scolaires non utilisées grâce au don. La vente à l’unité avec la recherche de partenaires pour réaliser des achats groupés est également en projet. Enfin, les élèves ont soumis l’idée de mettre en place un circuit de recyclage des fournitures scolaires. « Toutes ces idées ont pour vocation d’être communiquées et transmises afin de rayonner à travers tous les établissements rattachés à notre Lycée », commente Laure Stervinou.


Prix « Entreprise » : Gwilen (29) pour sa transformation de sédiments marins en matériaux pour le design, l’architecture et la construction

Créée en 2020 après 3 ans de recherches et développement par Yann Santerre, GWILEN conçoit des produits
architecturaux à partir de ressources marines. L’objectif est de proposer aux territoires côtiers de nouvelles
alternatives pour l’industrie de la construction grâce à des produits à l’impact considérablement réduit sur
l’environnement.

GWILEN répond à 2 problématiques majeures : l’envasement des ports et la pollution due à la production des matériaux de construction. Les sédiments portuaires dragués sont aujourd’hui à 90% rejetés en mer ce qui perturbe les écosystèmes marins. GWILEN offre une filière de valorisation à ces matériaux ce qui permet de préserver les fonds marins et leur biodiversité en limitant l’utilisation de ressources finies.

« GWILEN valorise une ressource déjà à disposition : les sédiments de dragage. Nous utilisons un procédé qui ne nécessite pas de cuisson haute température et qui donc économise beaucoup d’énergie par rapport aux procédés traditionnels. Nous commençons actuellement la commercialisation de pièces pour l’aménagement intérieur, produits dans notre atelier à Brest (29) », Yann Santerre, fondateur et associé de GWILEN.

La production des pièces se fait localement au sein d’un atelier à Brest. Cette activité permet de créer de l’emploi local qualifié avec un artisanat haut de gamme. L’entreprise compte aujourd’hui 5 collaborateurs. « Nous valorisons les ressources de dragage aujourd’hui inexploitées qui coûtent aux collectivités comme x, tant du fait du coût d’extraction que du coût de traitement de ces matériaux à terre. Avec GWILEN, nous souhaitons inciter à la consommation responsable en produisant du beau à partir du rebut, nous démontrons qu’ils ne sont pas incompatibles » poursuit Yann Santerre.

GWILEN est en contact avec les collectivités locales, les agglomérations, les gestionnaires portuaires, etc. L’objectif est de proposer une solution qui soit adaptée à leurs contraintes et leurs modes de fonctionnement. En effet, l’engagement sociétal est important pour les deux fondateurs de GWILEN qui sont tous les deux architectes-ingénieurs : l’intégration de cette innovation dans l’écosystème social et territorial existant est primordiale et les différentes parties prenantes doivent être intégrées dans le projet.

La production du matériau développé par GWILEN génère 4 à 5 fois moins d’émissions de CO2 que la production d’une terre cuite. L’industrie de la construction représente 41% de la consommation mondiale d’énergie, 23% de la pollution atmosphérique et 40% de la consommation de matières premières. Contrairement au béton ou la terre cuite, produire ce matériau ne nécessite pas de cuisson à haute température, ce qui réduit considérablement son impact environnemental.

La phase 1 de ce projet vise le secteur français du design et de l’architecture d’intérieur. L’entreprise réalise des carreaux pour l’aménagement intérieur de boutiques, hôtels ou pour des particuliers. L’équipe GWILEN travaille également avec des designers pour le développement de projets en partenariat sur du mobilier ou des luminaires. La phase 2 verra la construction d’une usine-pilote permettant de valider un passage à l’échelle industrielle, axé sur le secteur du bâtiment. La fabrication de plusieurs autres produits est envisagée : des briquettes de façade, des pavés extérieurs ou des carrelages. Pour la 3e phase, l’équipe est à la recherche d’un partenaire afin de diffuser sa solution d’usine de transformation mobile de sédiments marins dans le monde entier.


Prix « Association » : Bernic&Clic (22) pour son action pédagogique sur le littoral

Des acteurs passionnés par l’éducation à la mer du Réseau d’Éducation à l’Environnement en Bretagne (REEB) se sont rassemblés pour créer Bernic&Clic, une application mobile gratuite, pédagogique et ludique pour observer et reconnaître plus de 130 espèces animales et végétales du bord de mer breton.

Suite à une formation pour monter en compétence sur le numérique en 2019, des éducateurs du REEB ont pris connaissance d’outils d’identification existants pour appréhender l’environnement mais n’ont pas trouvé d’équivalent pour le littoral. Avec cette idée de projet en tête, le squelette d’une application a été imaginé lors de l’Ocean Hackathon, marathon de 48 heures dédié au développement en équipe de prototype à partir de différentes données numériques liées à la mer.

Le premier enjeu a été d’intégrer le numérique aux métiers du REEB, portés sur la nature. En effet, cela était essentiel pour toucher le plus grand nombre, agir avec le grand public. L’objectif était de faire prendre conscience de la fragilité du milieu marin pour le préserver. Enfin, le challenge de cet outil était d’offrir la possibilité d’être en extérieur, de consulter un outil numérique pour s’informer sans être dépendant et connecté à un réseau. Après 3 ans de recherches et de conception, le 27 janvier 2022, Bernic&Clic a été lancée pour sensibiliser le plus grand nombre à la richesse et à la fragilité des écosystèmes marins. Ce projet a été développé par la Commission Mer et Littoral du REEB. Il a été créé en 1992 pour défendre et développer l’éducation à l’environnement en Bretagne (152 membres et près de 30 bénévoles actifs).

Cette application, gratuite, contribue à renforcer l’attractivité du territoire et son patrimoine en proposant un outil ludique, pédagogique et immersif. Elle permet d’accompagner le grand public à adopter des comportements plus vertueux vis-à-vis de l’environnement par un apport de connaissances, de nombreux conseils et des liens vers des sites partenaires pour des compléments d’information.

« De ce fait, Bernic&Clic s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Elle est également utile pour les éducateurs du milieu marin, les collectivités, les professionnels de la mer, du nautisme, du tourisme, etc. Sa gratuité est une force non négligeable donnant accès à chacun à la connaissance de la biodiversité marine. L’application invite à la balade à chaque grande marée. Elle permet également d’inciter à l’activité en extérieur ce qui contribue au bien-être et à la santé », explique Sophie Houbart, Animatrice de Réseau au REEB.

Outre l’apport de connaissances sur la biodiversité et les écosystèmes marins, Bernic&Clic accompagne l’utilisateur pour adopter les gestes respectueux de l’environnement et réduire son impact sur le milieu. L’application permet également à ses utilisateurs de participer aux différents programmes de sciences participatives dédiées aux espèces marines.

L’outil ne nécessite pas de connexion à Internet et peut être utilisé en mode « hors ligne », réduisant son impact environnemental puisque cela évite la consommation de données. Bernic&Clic a été téléchargée près 7 500 fois en 1 mois après son lancement et en compte aujourd’hui près de 11 500 utilisateurs, c’est un signal de bon augure pour l’équipe de bénévoles à l’origine du projet.

« Après 6 mois de lancement, l’application est désormais disponible sur tablette également. Nous envisageons un élargissement des possibles avec la création de nouvelles fiches espèces. Technologiquement, il serait également intéressant d’intégrer la prise de photo. L’idée de développer un outil pédagogique dédiée au scolaire est également en discussion. Enfin, nous avons eu des contacts en dehors du territoire breton pour éventuellement diffuser notre application », conclut Sophie Houbart.


Prix « Santé Alimentation » : Bien Vivre en Bretagne Romantique (35) pour favoriser l’alimentation locale de saison et le lien sur le territoire

Bien Vivre en Bretagne Romantique (BVBR) est un groupe citoyen d’entraide créé en mars 2020. Son objectif est de s’appuyer sur les énergies citoyennes volontaires pour aller vers une stratégie de développement dans le domaine de l’environnement, la consommation durable et le bien-vivre.

La pandémie a été l’élément déclencheur de ce projet. En mars 2020, un petit groupe d’entraide se créé via Facebook. Le but : centraliser les informations locales liées à l’alimentation en fonction de l’actualité (stock des magasins, établissements ouverts, etc.). Dans un souci commun des communes rurales isolées de la Bretagne Romantique, près de 2 000 membres de tout horizon y adhèrent en seulement 2 semaines. Très vite, le groupe relaie des annonces de surproduction de stock chez des producteurs locaux. Les différentes offre sont rassemblées et une tournée est organisée pour la livraison des produits.

Lorsque la vie reprend ensuite son cours, les producteurs, satisfaits de cette démarche et les habitants, comblés par cette nouvelle dynamique, ressentent le besoin d’aller plus loin. En effet, ce projet citoyen a su répondre à un besoin et aux préoccupations actuelles, notamment celle de s’alimenter en circuit-court. Ce fut également un argument pour relier de façon pérenne un territoire de 25 communes. Un groupe de réflexion d’une trentaine de personnes réunissant des élus, des représentants d’associations, du milieu culturel et civil se constitue alors. L’objectif était de prolonger la dynamique en réinvestissant dans le local. L’association sera créée en juin 2020.

Une fois les outils affinés et la création d’un site Internet finalisé, la seconde phase du projet a été l’organisation d’un marché ambulant en novembre 2020. « Suite au premier confinement, notre engagement pour soutenir les producteurs locaux a été l’occasion de faire passer des messages autour de l’alimentation locale. Une fédération de 40 producteurs s’est constituée. Une tournée hebdomadaire a été mise en place sur deux circuits afin de desservir tout le territoire de la Bretagne Romantique et des points relais ont également été créés pour faciliter le retrait des commandes » explique Corto FAJAL, l’un des fondateurs de l’association.

Aujourd’hui, BVBR fédère plus de 3 300 habitants du bassin de vie de la Bretagne Romantique. Le site Internet compte 250 adhérents. Il est alimenté par des portraits de producteurs et de consommateurs afin de mettre en avant les initiatives. Le site permet également de passer les commandes de paniers et de transmettre des informations pour sensibiliser les citoyens à l’alimentation durable (ex. : mise en place d’un agenda de la consommation des fruits et légumes de saison avec des propositions de recettes).

Afin de sensibiliser la population locale aux enjeux sociétaux et environnementaux actuels, l’association a également créé plusieurs évènements : un pique-nique citoyen, un marché de Noël, un marché de producteurs aux Serres de Launay, la projection d’un film suivi d’un débat dans le cadre du Festival ALIMENTERRE.

Bien Vivre en Bretagne Romantique ne manque pas de projets pour l’avenir. Elle s’est lancée le challenge de commercialiser des plats préparés à base de produits locaux afin de rendre accessible l’alimentation locale de qualité et à prix bas. Le 23 juin 2022 a eu lieu le premier atelier de production : 250 plats à 4€ l’unité, vendu en 2 semaines seulement, ont été cuisinés par 10 habitants volontaires. Face à ce succès, l’opération sera réitérée une fois par mois.

« Nous avons par ailleurs embauché un salarié en service civique qui rejoindra en septembre les 3 autres membres contractualisés. Il va nous accompagner dans la structuration d’actions de sensibilisation sur la nature. Nous allons par exemple organiser une grande traversé de la Bretagne Romantique sur 300 km afin de partager les richesses de la biodiversité de notre territoire », poursuit Corto FAJAL.


Prix « Mobilité » : Mairie de Landerneau (29) pour son projet de création d’un parc de Vélos à Assistance Électrique (VAE)

La Ville de Landerneau a dédié une enveloppe de 130 000 € à la mise en œuvre d’une offre de location de Vélos à Assistance Électrique (VAE) en libre-service de courte durée. Ce nouveau mode de transport s’inscrit dans une démarche de développement durable et dans une volonté de la Ville de développer l’usage du vélo pour tous.

L’équipe municipale a mené en septembre 2020 une enquête auprès de ses habitants sur la question des déplacements. Les réponses obtenues ont permis de révéler des freins à la pratique du vélo, avec notamment l’insécurité ou le stationnement. Ce sondage a permis à la Ville et ses élus de conforter le choix de lancer un nouveau service dédié à la pratique du vélo, en collaboration avec l’entreprise Fifteen.

Par le biais d’un plan spécifique portant sur la sécurité, l’aménagement urbain et la mise en place de services connexes Ti Vélo a ainsi été inauguré le 30 mai 2021 avec une flotte de 40 VAE répartie sur la ville et 7 stations de recharge, accessibles 7j/7 et 24h/24.

Ce service vise à accroître la mobilité douce et l’usage quotidien du vélo. Il s’agit aussi de faire de Landerneau une ville avant-gardiste sur la question de la mobilité durable et une ville pionnière dans le Finistère. En effet, Landerneau est la première commune semi-rurale (16 500 habitants) à lancer ce type de service. Pour y accéder, il suffit de télécharger l’application Ti Vélo et de s’y inscrire. L’utilisation du vélo est gratuite les 20 premières minutes puis facturée 1,50 € de l’heure.

« Avec l’accueil de la 1ère étape du Tour de France, 2021 a été l’année du vélo à Landerneau. Sa pratique n’est pas réservée qu’aux sportifs ou aux balades dominicales, le vélo est un levier de mobilité et c’est ce que la Ville souhaite développer à travers plusieurs évènements : la semaine de la mobilité, Tout Landerneau à vélo, etc. Notre service est
évalué régulièrement et les informations sont transmises aux habitants » explique Bénédicte Kerlo, Chargée de mission Transition Écologique à la Mairie de Landerneau.

Par le biais de Ti Vélo, 3 036 kg d’émission de CO2 ont été évitées en 1 an. Le service compte 1 878 utilisateurs depuis son lancement soit plus de 4 300 heures de trajets. Le taux de satisfaction s’élève à 90%. Les utilisateurs sont à 50% des moins de 30 ans : les jeunes de la Ville se sont approprié le service pour se déplacer dans la ville, d’une activité à
une autre. D’autre part, des utilisateurs réguliers l’utilisent pour rejoindre leur travail et de nombreux seniors se sont remis au vélo grâce à l’assistance électrique.

Le vélo reste une alternative aux déplacements motorisés et a permis un partenariat avec les 2 vélocistes de la ville qui ont créé de l’emploi local. Après le renouvellement et le recyclage de la flotte au cours de l’été 2022, des vélos nouvelle génération – plus intelligents et performants – seront proposés aux habitants pour notamment inciter à l’intermodalité.


Prix « Économie circulaire » : Chouet’ (29) pour son projet Restachou Mad de conserverie zéro déchet

Au travers de l’association CHOUET’, Restachoù Mad, « les bons restes » en breton, est un collectif qui œuvre en faveur d’un projet d’économie circulaire dans le Finistère Sud.

La région Bretagne étant une terre agricole riche, la problématique du gâchis alimentaire et des surplus de production apparait lorsqu’il est question de développement durable. Restachoù Mad a été créé afin de valoriser ces excédents autour de Plozévet et plus largement en Ouest Cornouaille.

L’objectif est de récupérer des produits de qualité issus de producteurs locaux (maraîchers, éleveurs, mareyeurs, etc.) et les invendus alimentaires de la grande distribution afin de les redistribuer. Le collectif se charge également de récolter des bio déchets afin de proposer du lombricompostage aux acteurs de l’agriculture biologique du territoire.

Au sein de l’établissement Le Vaisseaux, Restachoù Mad s’appuie sur un bar-restaurant, un atelier de production, une épicerie et une ressourcerie alimentaire pour mener son projet. Des ateliers de séchage, fumage, lacto-fermentation, appertisation, cuisine et conserverie sont quotidiennement mis en place afin de travailler les produits. Des cafés et repas suspendus sont également proposés ainsi que la vente des invendus via TooGoodToGo.

L’initiative de Restachoù Mad vise à nourrir toutes les populations du territoire, à y renforcer la résilience alimentaire et à réduire le gâchis. « Une grande partie du projet consiste à prouver que l’écologie est un modèle économique viable. Une ressourcerie est un atelier de valorisation. Par définition, le projet consiste à monter en gamme les produits glanés et à les valoriser de la manière la plus simple, la plus goûteuse et la moins coûteuse. La forme Coopérative a été choisie pour que l’ensemble des parties prenantes de l’action puissent interagir ensemble et que le projet soit pérenne. La gouvernance est partagée entre nos 5 salariés, les producteurs, les bénévoles, les partenaires et les bénéficiaires. Nous fédérons 3 collectivités locales, 18 paysans locaux et 60 entreprises finistériennes ayant pris part au projet. Près de 5 000 personnes fréquentent le lieu à l’année ou participent à ses activités (concerts, soirées thématiques, etc.) » explique Étienne Soubrié, Directeur de l’association CHOUET’.

Fort d’une expérience de 2 ans, Restachoù Mad souhaite à l’avenir accompagner d’autres porteurs de projets/collectifs/collectivités ayant la volonté de s’inscrire dans une démarche d’alimentation durable et visant l’autonomie alimentaire. Plus globalement, l’objectif est d’encourager les actions en faveur de l’économie circulaire. Le collectif a également pour projet de s’équiper d’un container de fabrication à l’horizon 2023. Pour développer la transmission des savoir-faire, un Jardin et un Atelier de Cocagne sont à l’étude dans le but de pouvoir accueillir des publics fragiles dans l’activité et l’emploi. L’autonomie du Vaisseau est également une volonté (auto construction d’éoliennes, déploiement de dispositifs utilisant l’énergie potentielle, parcs de batteries, systèmes pour le recyclage de l’eau utilisée, etc.).